
Bateaux-mouches ?
Le 4 avril… 1926, les bateaux-mouches reprennent du service sur la Saône après 13 ans d’arrêt.
Très populaires de 1862 à 1913 entre Vaise et la Mulatière, ces bateaux ont connu leur heure de gloire au XIXe à Paris lors de l’Exposition universelle de 1867, où ils ont transporté pas moins de 2,5 millions de passagers.
L’origine des ‘Bateaux-mouches’ remonte à Michel Félizat, un constructeur naval lyonnais visionnaire. En 1867, ce dernier a remporté l’appel d’offres pour organiser un service de transport fluvial sur la Seine à l’occasion de l’Exposition universelle. Pour répondre à cette demande ambitieuse, il a fait construire 30 bateaux dans les ateliers de Lyon, qui ont été ensuite acheminés jusqu’à Paris par le canal de Bourgogne.
Les ‘Bateaux-mouches’ tirent leur nom du quartier de la Mouche où ils ont été fabriqués. En patois lyonnais, une ‘mouche’ désigne les bras d’eau ou lônes créés par le Rhône le long de son cours principal. C’est donc l’ancienne zone marécageuse située au nord de Gerland devenue plus tard zone industrielle qui a donné son toponyme comme nom à ces embarcations.
Initialement conçus pour le transport de marchandises et de passagers dans un contexte de croissance industrielle, ces bateaux ont vu leur usage évoluer avec le temps. Leur activité a toutefois décliné au début du XXe siècle, notamment avec la Première Guerre mondiale, qui a interrompu leur service. La reprise en 1926 témoigne d’une volonté de redonner vie à cette tradition fluviale bien que leur popularité reste alors plus modeste qu’au siècle précédent.
C’est après la Seconde Guerre mondiale que les Bateaux-mouches vont connaître une véritable renaissance à Paris, grâce à l’entrepreneur Jean Bruel. Celui-ci a en effet relancé l’activité à Paris tout en déposant la marque « Bateaux-Mouches » pour en faire un symbole touristique incontournable. Pour séduire le public, il a au passage inventé le personnage fictif de Jean-Sébastien Mouche – un clin d’œil marketing avec l’Histoire pour ancrer davantage ces embarcations dans l’imaginaire collectif. Sous son impulsion, les bateaux ont abandonné peu à peu leur vocation utilitaire pour devenir des ambassadeurs du tourisme fluvial et faire découvrir les monuments comme Notre-Dame, le Louvre ou encore la Tour Eiffel.
À Lyon, leur histoire est tout aussi riche. Dès le XIXe siècle, ils ont facilité les déplacements sur la Saône en reliant les quartiers industriels et résidentiels dans une ville alors en pleine mutation. Leur design, avec une coque plate adaptée aux eaux peu profondes et une structure légère, en faisait des outils idéaux pour naviguer et surtout passer l’affleurement rocheux du pont du Change (détruit entre 1859 et 1862).
Nés d’un savoir-faire lyonnais, les bateaux-mouches illustrent l’évolution des usages des voies navigables en France, passé du transport de marchandises à celui du tourisme et de la culture.
Aujourd’hui à Lyon, la navigation de plaisance sur la Saône est possible avec le Vaporetto de la Compagnie des Yachts de Lyon, avec la compagnie Les Bateaux Lyonnais qui propose des croisières commentées et avec Cap Confluent qui propose des bateaux avec ou sans permis à la location.
Les TCL viennent de lancer une navette fluviale sur la Saône en juin 2025. Baptisée Navigône, elle relie Vaise à Confluence en 30 minutes avec quatre arrêts.
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

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