
Jean Gerson
Le 15 avril 1643, la tombe de Jean Gerson (1363-1429) est redécouverte sur l’ancien site de l’église Saint-Laurent qui jouxtait l’église Saint-Paul dans le Vieux-Lyon.
Jean Gerson, né le 14 décembre 1363 à Gerson-lès-Barby (aujourd’hui Barby, Ardennes), est une figure centrale de la fin du Moyen Âge. Théologien, chancelier de l’Université de Paris et acteur clé dans la résolution du Grand Schisme d’Occident (1378-1417), il a marqué son époque par ses idées réformatrices et son engagement spirituel. Issu d’une famille modeste de laboureurs, il est l’aîné de douze enfants, dont cinq embrassent la vie religieuse, notamment au sein de l’ordre des Célestins.
Un intellectuel influent
Dès son jeune âge, Gerson montre un vif intérêt pour l’étude. Il fréquente l’école de Rethel, puis intègre à 14 ans le collège royal de Navarre à Paris, un centre intellectuel prestigieux. Il obtient une licence ès arts en 1381, est ordonné prêtre en 1392 et devient docteur en théologie en 1394.
Gerson s’impose rapidement comme une figure majeure de l’Université de Paris, dont il devient chancelier de 1395 à 1418. Il joue un rôle déterminant lors du concile de Constance (1414-1418), convoqué par l’empereur Sigismond pour mettre fin au Grand Schisme, qui divise l’Église avec trois papes rivaux. Gerson y défend la supériorité des conciles sur les papes, contribuant à la déposition des prétendants et à l’élection de Martin V en 1417, rétablissant ainsi l’unité de l’Église.
Ses écrits réformateurs prônent une théologie pratique, accessible aux laïcs, et une morale chrétienne égalitaire entre hommes et femmes. Dans son traité Sur le Roman de la Rose, il critique les excès mondains et les représentations immorales de l’amour courtois. Gerson développe également des idées gallicanes, favorables à une Église plus autonome vis-à-vis de la papauté, ce qui lui attire l’hostilité des Bourguignons, partisans d’une papauté forte.
Exil à Lyon
En 1418, la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, exacerbée depuis l’assassinat du duc d’Orléans en 1407, force Gerson à fuir Paris lorsque les Bourguignons s’emparent de la ville. Après un passage en Allemagne et en Autriche, il trouve refuge à Lyon en 1419, accueilli par le couvent des Célestins dans le 2e arrondissement, où l’un de ses frères est moine. Il y reste plusieurs années, sous la protection de l’archevêque Amédée de Talaru, qui dirige le diocèse de Lyon de 1413 à 1444.
Soutien à Jeanne d’Arc
Gerson s’engage dans les débats de son temps, notamment en soutenant Jeanne d’Arc. En février 1429, Jeanne passe brièvement par Lyon avant de rejoindre Charles VII à Chinon. Gerson, convaincu de sa mission divine, rédige un traité, ‘De mirabili victoria‘, le 14 mai 1429, défendant sa légitimité.
Œuvres et engagement à Lyon
À Lyon, Gerson consacre ses dernières années à l’éducation des enfants pauvres, fondant des écoles pour les milieux modestes et rédigeant des instructions spirituelles pour les prêtres et les familles. Il écrit en latin et en français, notamment ‘La Montagne de la Contemplation‘, où il explore les épreuves spirituelles et la quête de la joie divine, et un traité sur la musique sacrée, ‘De canticis’, soulignant son rôle dans la liturgie. Parmi ses autres œuvres, on trouve des sermons et des traités comme ‘De consolatione theologiae’, inspirés de Boèce.
Son blason, symbolisant son amour de Dieu, représente une croix du Christ sur fond bleu, entourée d’un soleil, d’une lune et d’étoiles, avec la devise ‘Sursum corda’ (« Haut les cœurs »), reflet de son optimisme spirituel.
Mort et postérité
Jean Gerson s’éteint le 12 juillet 1429 à Lyon. Il est inhumé dans l’église Saint-Laurent, attenante au couvent, qui sera détruite durant la Révolution française. Sa tombe, redécouverte en 1643, est transférée à l’église Saint-Paul. Elle porte l’épitaphe suivante : Nunquam Christum mea vita fateri erubuit, Quamquam peccator morte fatebor eum – « Ma vie n’a jamais rougi de professer le Christ ; bien que pécheur, à ma mort, je le confesserai. »
Un établissement scolaire parisien de 1600 élèves porte son nom depuis 1884. À Lyon, son nom a été donné à une école élémentaire rue Lainerie et à la place Gerson où se trouve aussi le Café-Théâtre – l’Espace Gerson – qui produit toute l’année comédies et One man show.
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📍 Place Gerson, 69005 Lyon
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💬 « Au dernier jour, on ne vous demandera pas ce que vous avez su, mais ce que vous avez fait. » Jean de Gerson
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
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