Histoire de Lyon – 16 avril 1805

Histoire de Lyon - 16 avril 1805

Visite papale

Le 16 avril 1805, le pape Pie VII arrive à Lyon, de retour de son voyage à Paris où il a assisté au couronnement de Napoléon Bonaparte qui s’est proclamé Empereur des Français.

Ce séjour, du 16 au 20 avril, s’inscrit dans une période de tensions entre l’Église et le régime napoléonien. En effet, si le Concordat a été signé en 1801, les articles organiques promulgués unilatéralement par la France l’année suivante ne sont pas du goût de Rome qui pensait enfin  tourner la page du gallicanisme jacobin révolutionnaire. Ces articles reviennent partiellement sur le Concordat. Ils réglementent strictement l’Église en France en subordonnant les décisions ecclésiastiques à l’État, notamment sur la nomination des évêques et la publication des bulles pontificales. Pie VII n’a pas obtenu leur retrait mais il profite de son séjour pour restaurer publiquement le culte catholique dans les villes où il passe.

Lyon accueille le pontife avec ferveur, sous l’égide du cardinal Joseph Fesch, archevêque de Lyon et oncle de Napoléon. Monseigneur Fesch a joué un rôle clé dans l’apaisement des relations religieuses en France en participant aux négociations du Concordat et au sein du diocèse en prenant pour vicaires des prêtres jureurs et non-jureurs. Favorables à la République, certains avaient en effet prêté serment à la Constitution civile du clergé quand d’autres qui s’y étaient opposés au prix de l’exil ou de persécutions. Cette politique de réconciliation a permis de stabiliser l’Église lyonnaise, offrant un cadre apaisé pour la visite pontificale. Seule subsiste une « Petite Église », un mouvement dissident du diocèse de Lyon qui refuse le Concordat de 1801 et la nomination du cardinal Fesch.

L’accueil de Pie VII est grandiose : rues décorées, cloches sonnantes et foule enthousiaste. Le pape, connu pour sa simplicité, répond à cet élan par des gestes accessibles.

Le 17 avril, il entreprend une excursion en bateau à l’île Barbe, sur la Saône. Ce lieu, abritant une ancienne abbaye du Ve siècle, symbolise les racines chrétiennes de la région. Cette visite, modeste mais significative, reflète la volonté de Pie VII de s’ancrer dans l’histoire locale, tout en offrant un moment de recueillement. Les Lyonnais y voient une marque d’affection pour leur cité, renforçant leur attachement au pontife.

Le 19 avril, Pie VII gravit la colline de Fourvière et réouvre le sanctuaire marial de Fourvière en y célébrant la messe. Depuis la colline, il bénit les Lyonnais assemblés en masse. Dans une ville encore meurtrie par la Révolution qui avait imposé le culte de l’Être suprême, cette bénédiction incarne un message de paix et d’unité.

Quand il traverse Lyon, Pie VII ignore que sa résistance croissante à Napoléon le conduira à un destin dramatique proche de celui de son prédécesseur décédé à Valence en 1799 comme prisonnier du Directoire. Dans les années suivantes, son refus de plier face aux ambitions territoriales impériales en Italie et son refus d’appliquer le Blocus Continental (face à l’Angleterre) entraîneront son emprisonnement. Il sera emmené comme captif en France, à Savone puis à Fontainebleau, de 1809 à 1814. Cette épreuve, encore à venir, scellera son image de pape martyr, défiant l’orgueil d’un Empereur.

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Histoire de Lyon - 16 avril 1805
Le pape Pie VII à Lyon sur la Saône le 17 avril 1805.
Histoire de Lyon - 16 avril 1805
Sacre de Napoléon à Notre-Dame le 2 décembre 1804, Jacques-Louis David (1808) – Musée du Louvre.

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