
Prince des libraires
Le 7 septembre 1556 est décédé à Lyon le célèbre imprimeur et libraire Sébastien Gryphe.
📌 Né à Reutlingen, dans le Wurtemberg, vers 1493, Sebastian Greyff – francisé en Sébastien Gryphe – avait appris le métier en Souabe auprès de son père Michel Greyff imprimeur, puis à Venise. Il s’était établi à Lyon vers 1523, dans le quartier de la rue Mercière, alors le plus dense de la ville avec une centaine d’ateliers et plus de 500 artisans du livre. Sa propre maison se trouvait rue Thomassin.
📌 Il avait d’abord travaillé pour la Grande compagnie des libraires de Lyon, qui lui prêtait ses caractères typographiques. Il avait épousé une Lyonnaise, Françoise Miraillet, vers 1524. Un enfant illégitime né peu après de sa belle-sœur, Marion Miraillet, l’avait cependant écarté des charges municipales auxquelles son prestige aurait pu lui ouvrir l’accès.
📌 Il avait pris son indépendance vers 1528, donnant à son enseigne le nom de L’écu du Griffon et arborant le griffon comme emblème.
📌 Affranchi de la tutelle de la Compagnie, il avait d’abord édité des ouvrages de droit puis des auteurs humanistes – Érasme, Guillaume Budé, Ange Politien. La censure étant à l’époque l’apanage de la Faculté de théologie de l’Université de Paris (la Sorbonne), les imprimeurs lyonnais échappaient au contrôle de proximité qui pesait sur leurs confrères parisiens.
📌 Son atelier avait attiré les humanistes lyonnais. André Alciat, Maurice Scève et Barthélemy Aneau (lynché en 1561 lors d’émeutes à caractère religieux) y avaient collaboré, tandis qu’Étienne Dolet (brûlé pour hérésie en 1546) y avait travaillé comme correcteur avant de s’installer à son compte. François Rabelais, alors médecin à l’Hôtel-Dieu, y avait fait paraître ses traductions annotées d’Hippocrate et de Galien.
📌 Naturalisé français en 1532, Gryphe avait ensuite adopté les caractères italiques qu’Alde Manuce avait inventés à Venise en 1501 : plus étroits que le romain ou le gothique, ils permettaient de loger davantage de texte sur la page, et donc de réduire le format des livres. C’est ainsi qu’il avait introduit en France le livre de poche, une évolution rendue en partie possible grâce à son association avec le libraire Hugues de la Porte en 1536.
📌 Les quatre foires annuelles de Lyon et la qualité de ses impressions avaient assuré à ses ouvrages une large diffusion en Europe. Son aisance financière grandissante lui avait permis de verser d’importantes sommes à l’Aumône générale.
📌 Au terme d’une trentaine d’années de carrière, le nombre total de ses éditions est estimé à environ 1 350 ouvrages.
📚 Plusieurs échantillons de ses œuvres ainsi que son portrait sont visibles au Musée de l’imprimerie et de la communication graphique, rue de la Poulaillerie (réouverture prévue en 2027). La Bibliothèque municipale de Lyon a par ailleurs choisi le nom de Revue Gryphe pour valoriser le patrimoine écrit de la ville (éditée entre 2000 et 2021).
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📍rue Sébastien Gryphe, 69007 Lyon
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❓QUIZZ : D’où provient la devise de notre imprimeur « Virtute duce, comite Fortuna » par la suite adoptée par la ville de Lyon ?
✅ Réponse : Cette devise reprise par la ville de Lyon proviendrait d’une lettre de Cicéron à Lucius Munatius Plancus, fondateur de Lugdunum en 43 av. J.-C. « Dux virtus, Fortuna comes, quocunque feraris, si fuerint : felix astra ferere super »
« La vertu pour guide, la Fortune pour compagne – où que tu sois porté, si elles t’accompagnent, tu seras porté, heureux, jusqu’aux astres. »
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

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