
Hôtel de ville de Lyon
Le 5 septembre 1646, jour anniversaire de Louis XIV – le roi n’a alors que huit ans – la première pierre du nouvel Hôtel de Ville de Lyon est posée en grande pompe place des Terreaux. Le choix de la date n’est pas anodin : il s’agit, pour le Consulat lyonnais, d’inscrire d’emblée l’édifice dans une logique d’hommage monarchique, à l’image de tant de constructions municipales du Grand Siècle.
La cérémonie réunit Pierre de Sève, baron de Fléchères, prévôt des marchands, les échevins Jean Videau, Jean de Moulceau, Rémond Severat et François Bastet, ainsi que Camille de Neuville, abbé d’Ainay et futur archevêque de Lyon, qui y représente son frère, gouverneur de la ville.
Conduits sous la direction de l’architecte-voyer Simon Maupin – conseillé, selon la tradition, par Jacques Lemercier et le mathématicien lyonnais Girard Desargues – les travaux s’étendent sur vingt-six années, jusqu’en 1672. Lyon se dote alors du plus somptueux des hôtels de ville du royaume.
Sur le plan architectural, l’édifice relève d’un classicisme encore marqué par le style Louis XIII, teinté d’influences italiennes que Maupin a pu observer via son entourage parisien. Le plan, en quadrilatère allongé, s’organise autour de deux cours – une cour basse et une cour haute, dite cour d’honneur, séparées par une arcade – bordées de quatre pavillons d’angle que domine le beffroi.
Par l’ampleur de son programme et la richesse de son décor intérieur, confié notamment au peintre Thomas Blanchet à partir de 1655, l’édifice a pu être comparé au Raadshuis d’Amsterdam, bâti à la même époque, comme l’un des sommets de l’architecture civile européenne du XVIIe siècle.
Mais cette splendeur est de courte durée : deux ans à peine après l’achèvement du chantier, un incendie ravage l’édifice le 13 septembre 1674, détruisant notamment la grande salle et le beffroi.
Faute de moyens, la restauration n’est engagée qu’au tout début du XVIIIe siècle, sur les plans de Jules Hardouin-Mansart, architecte du roi : c’est de cette campagne que date l’essentiel des formes que l’on connaît aujourd’hui. L’édifice subira un second incendie en 1803, avant d’être profondément remanié sous le Second Empire.
Une fresque de Marguerite Cornillac perpétue le souvenir de la journée fondatrice du 5 septembre 1646 dans la salle du Conseil de l’Hôtel de Ville où siège encore le conseil municipal dix fois par an.
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Anecdote : Le cavalier de la façade de l’Hôtel de ville était à l’origine Louis XIV. Il a été détruit en 1792 en application du décret révolutionnaire visant les symboles de l’Ancien Régime mais remplacé par Henri IV en 1829 sous la Restauration.
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