
Duel à la Guillotière
📌 Le 6 janvier 1834, Henri Vitton, ancien maire de La Guillotière, est mortellement blessé en duel sous une arche du pont de la Guillotière par le conseiller municipal Hippolyte Clerc.
📌 Royaliste convaincu, il avait été provoqué le jour même dans un café par des propos insultants sur le général vendéen Cathelineau, figure emblématique de l’insurrection contre la République jacobine pendant la Révolution française. Grièvement touché au cours du combat, il succombe à ses blessures à l’âge de 41 ans.
📌 Maire de La Guillotière de 1822 à 1830, Henri Vitton avait profondément marqué le quartier par son action urbanistique. Son « plan d’alignement » influença durablement l’aménagement de la rive gauche du Rhône. Dès 1825, il dota la commune de la première ligne de transports en commun hippomobile reliant les Brotteaux à Lyon. À cette époque, seuls le pont de la Guillotière et le pont Morand permettaient de franchir le Rhône. Le quartier de la Guillotière, en partie transformé sous son mandat, sera rattaché à la ville de Lyon en 1852, en même temps que Vaise et la Croix-Rousse.
📌 Préoccupé par la question sociale, Henri Vitton avait instauré un prélèvement obligatoire sur les salaires des employés de Montchat, permettant aux travailleurs de bénéficier d’une aide en cas de maladie. Son épouse était l’héritière du domaine de Montchat ; sa fille et son gendre, Richard-Vitton, procéderont plus tard à un vaste lotissement du domaine afin de préserver le secteur d’une industrialisation galopante.
📌 Le duel d’honneur restait, au XIXe siècle, une pratique courante dans la noblesse et la bourgeoisie. Il visait à laver une offense à l’honneur ou à la réputation. Codifié plus strictement à partir de 1836, il obéissait à des règles précises : l’offensé choisissait la date, le lieu et les armes ; deux témoins étaient requis pour un duel au pistolet, quatre pour un duel à l’épée. Le combat pouvait se dérouler au premier sang ou jusqu’à la mort, au commandement ou à volonté.
📌 À la mort d’Henri Vitton, plus de deux cents personnes avaient déjà perdu la vie dans des duels en France depuis 1826. Cette tradition sanglante tombera progressivement en désuétude à la fin du XIXe siècle. Le dernier duel de l’histoire de France aura lieu le 21 avril 1967 à Neuilly-sur-Seine : le député René Ribière y affrontera Gaston Defferre, maire de Marseille, après que ce dernier lui eut lancé un célèbre « Taisez-vous, abruti ! » dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
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📍 Cours Vitton, 69003 Lyon
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
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