
Lyonnais en résistance
Le 27 juillet 1944, la Gestapo abat cinq otages place Bellecour devant le café du Moulin à Vent.
📌 Les cinq victimes sont Albert Chambonnet, Francis Chirat, Gilbert Dru, René Bernard et Léon Pfeffer. Ils sont exécutés en représailles contre un attentat effectué la nuit précédente devant ce même café très fréquenté par les officiers allemands. L’occupant nazi va imposer de laisser leur corps sur place pendant plusieurs jours…
📌 À l’été 1944, les Alliés progressent en Normandie depuis le débarquement du 6 juin. Au même moment à l’Est, l’Union soviétique lance la gigantesque Opération Bagration. La majorité des Français ne le sait pas mais un deuxième débarquement se prépare en Provence prévu pour le 15 août 1944.
📌 La progression alliée amène la Résistance intérieure française à augmenter le nombre de ses coups de force pour désorganiser et démoraliser l’occupant. En retour, les Allemands accentuent leur répression. C’est près de 600 personnes qu’ils exécutent ainsi entre avril et août 1944.
📌 Mais prise en tenaille sur le front ouest grâce à ce double débarquement normand et provençal, l’armée du Reich va continuellement reculer jusqu’à devoir évacuer la ville de Lyon le 3 septembre 1944.
📌 À l’angle qu’occupait le café Moulin à vent, un Veilleur de pierre réalisé par sculpteur lyonnais Georges Salendre (1890-1985) a été inauguré en 1948 pour rappeler le sacrifice de ces cinq résistants.
📌 Une cérémonie honore par ailleurs leur mémoire place Bellecour chaque 27 juillet.
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
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✍️ Louis Aragon a dédié son magnifique poème ‘La Rose et le Réséda‘ à quatre résistants – Gilbert Dru, Gabriel Péri, Honoré d’Estienne d’Orves et Guy Môquet – et rappelle l’engagement commun de ces résistants par delà leurs convictions (catholique ou communiste) :
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fût de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
A la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda
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