
Ralliement
Le 27 février 1848, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, se rallie par lettre officielle au nouveau régime républicain.
📌 Troisième Révolution française après 1789 et 1830, la « révolution de février » (1848) a entraîné l’abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la IIème République.
📌 Pour notre cardinal, la devise Liberté-Égalité-Fraternité paraît favorable aux intérêts de l’Église. Comme l’essayiste catholique Frédéric Ozanam (1813-1853)*, il pense que ce nouveau régime est plus à même de défendre les ouvriers dont la misère est grandissante.
📌 La monarchie de Louis-Philippe avait réprimé militairement les insurrections ouvrières de 1831 et 1834. La République incarne l’espérance dans une plus grande justice sociale qui est très attendue chez les classes populaires.
📌 Mais l’orientation républicaine sera vite oubliée avec la répression du soulèvement des ouvriers dans la capitale (23-26 juin 1848) et la répression de l’insurrection des Voraces à Lyon (juin 1849). Son confrère l’archevêque de Paris Mgr Affre est même tué sur les barricades en voulant s’interposer entre la troupe dirigée par le général Cavaignac et les ouvriers…
📌 Le parti de l’Ordre et les bonapartistes domineront bientôt la vie politique et présideront au choix de la nouvelle Constitution. Élu président le 20 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte orchestre en effet un coup d’État en décembre 1851 pour instaurer le Second Empire sous le nom de Napoléon III.
📌 Notre cardinal se ralliera encore à ce nouveau régime en étant élevé le 26 janvier 1852 à la distinction de sénateur de l’Empire. Un projet de séparation entre l’Église et de l’État avait été envisagé qui n’aura donc pas le temps d’aboutir laissant se prolonger le régime du Concordat établi en 1802.
📌 Durant son ministère, Monseigneur de Bonald encouragera les prêtres, religieux et laïcs de son diocèse à toutes les formes d’apostolat auprès des travailleurs. Il soutiendra les initiatives des abbés Rambaud et Chevrier dans le quartier ouvrier de La Guillotière et fera de grandes commandes de soie auprès des canuts pour l’Église locale.
📌 Il soutiendra les œuvres catholiques sociales naissantes comme celle des patronages d’apprentis de la Société de Saint-Vincent-de-Paul ou celle de la Société de Saint-François-Xavier qui s’adressait aux ouvriers adultes.
📌 Le 30 juillet 1860, il posera la première pierre de la chapelle de l’institution des Chartreux. Il inaugurera aussi l’église du Saint-Nom-de-Jésus le 16 août 1863 et consacrera la nouvelle chapelle des Jésuites, rue Sainte Hélène, le 22 mai 1867.
📌 C’est lui qui ranimera la procession du Vœu des échevins de 1643 et fixera au 8 septembre la cérémonie annuelle du renouvellement du Vœu. Décalée exceptionnellement au 8 décembre en 1852, cette dernière cérémonie deviendra la Fête des Lumières en 1999.
📌 Il mourra juste avant de voir la défaite militaire de Sedan et l’abdication de Napoléon III. Son successeur Monseigneur Ginoulhiac sera à l’origine de la souscription permettant l’édification de la Basilique de Fourvière en remerciement de l’absence d’invasion des Prussiens.
📌 Avec le préfet Marius Vaïsse (préfet de Lyon de 1853 à 1864) et le général de Castellane (commandant de l’armée de Lyon de 1850 à 1862), il a été un des trois hommes forts du Second Empire à Lyon.
~
💬 * «C’est dans le peuple que je vois assez de restes de foi et de moralité pour sauver une société dont les hautes classes sont perdues » Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent de Paul.
~
© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
Cet article vous a plus ? Partagez-le !