
Un gratte-ciel à la Croix-Rousse ?
Le 27 août 1828, la Tour Pitrat, encore inachevée, s’effondre tragiquement, causant d’importants dégâts matériels et la mort d’une fillette de 5 ans. Cet événement marque un tournant dans l’histoire de cette structure ambitieuse, érigée au sommet de la colline de la Croix-Rousse.
📌 Un projet d’Antoine-Mathieu Pitrat
Conçue par le maçon et entrepreneur Antoine-Mathieu Pitrat, la tour devait initialement culminer à 50 mètres pour offrir une vue imprenable sur Lyon et – selon la légende – apercevoir la Méditerranée. Suite à l’effondrement de 1828, dû à des failles dans la construction et à des fondations inadaptées, la tour est reconstruite mais sa hauteur est réduite à environ 25 mètres pour des raisons de sécurité.
📌 Un site chargé d’histoire
La tour est édifiée sur le terrain de l’ancienne citadelle de Lyon, construite en 1564 sous le règne de Charles IX pour surveiller la ville, alors agitée par les tensions religieuses des guerres de Religion. Cette citadelle, symbole d’autorité royale, a été démantelée dans la liesse populaire en 1585 car elle reflétait la méfiance de la couronne envers la ville.
📌 Un projet de télégraphe optique avorté
Actionnaire de la Compagnie des Télégraphes du Commerce, Antoine-Mathieu Pitrat ambitionnait de faire de la tour un relais du télégraphe optique Chappe, un système de communication visuelle par signaux. Ce projet visait à établir une liaison privée entre Lyon et Paris, essentielle pour les milieux d’affaires. Cependant, le gouvernement français, soucieux de préserver le monopole d’État sur les communications, s’oppose à ce réseau privé. Malgré cette interdiction, un réseau clandestin de télégraphe optique est mis en place en 1836 mais il devient rapidement obsolète avec l’arrivée du télégraphe électrique à partir de 1845.
📌 Une reconversion inattendue
En 1845, la tour est vendue et transformée en un lieu de divertissement. Elle abrite le restaurant Les Délices de Beauregard, qui, selon certaines rumeurs, servait également de maison close, une pratique courante dans certains établissements de l’époque.
📌 Un tournant spirituel et solidaire
En 1856, la tour et les bâtiments adjacents sont rachetés par les Sœurs de Saint-François d’Assise de Lyon qui y installent leur maison mère pour se consacrer à l’éducation des filles pauvres et aux soins des malades. La même année, elles accueillent les victimes des graves inondations du Rhône, qui frappent durement Lyon en mai-juin 1856. Surnommées bientôt affectueusement les « Sœurs de la Tour Pitrat », elles marqueront durablement la mémoire collective lyonnaise. La tour est détruite en 1874 pour raison de sécurité. À partir de 1909, la clinique Saint-François d’Assise est construite à son emplacement. Elle sera fonctionnelle jusqu’en 2001 avant d’être remplacée par une maison de retraite.
📌 Un symbole lyonnais éphémère
Dominant les pentes de la Croix-Rousse, la Tour Pitrat rappelle l’évolution rapide des technologies de communication au XIXè siècle. Elle a été un élément emblématique du paysage lyonnais entre 1828 et 1874.
📍 17 rue Saint-François d’Assise, 69001 Lyon
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon



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