Histoire de Lyon – 26 avril 1873

Histoire de Lyon - 26 avril 1873

Guillaume Bonnet (1820-1873) : Un sculpteur au service du Lyon impérial

Le 26 avril 1873 s’éteignait à Lyon Guillaume Bonnet, sculpteur de renom et membre éminent de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon.

Formation et ascension institutionnelle

Né en 1820 à Saint-Germain-Laval dans une famille modeste, Bonnet intègre l’École des Beaux-Arts de Lyon en 1836. Son parcours est typique des artistes lauréats de l’époque : après une formation initiale locale, il monte à Paris en 1842 pour se perfectionner. Son passage dans la capitale est couronné de succès académiques, notamment une médaille d’or en 1847 et un second prix de Rome la même année.
Bien qu’il ne remporte pas le premier prix (qui lui aurait ouvert les portes de la Villa Médicis), il effectue par ses propres moyens un voyage d’étude en Italie entre 1853 et 1854. Ce séjour influence sa pratique, l’orientant vers un éclectisme maîtrisant aussi bien les canons de l’Antiquité que les références à la Renaissance.

L’art au service de la ville : Les grands chantiers lyonnais

De retour à Lyon, Bonnet devient l’un des collaborateurs privilégiés de l’architecte René Dardel, puis de Tony Desjardins. Sa carrière coïncide avec les grands travaux conduits par le préfet Claude-Marius Vaïsse, le « Haussmann lyonnais ».
Son travail se décline principalement sur les édifices publics, symbolisant la puissance civile et économique de la ville :
– Le Palais du Commerce (Bourse) : Il participe activement à son ornementation, ce qui lui vaut la Légion d’honneur en 1860 lors de l’inauguration par Napoléon III.
– L’Opéra (version 1860) : Il réalise les statues de ‘Thalie’ et ‘Erato’ pour la façade.
– Le Palais de Justice : on lui doit le bas-relief ‘La Justice punissant le Crime’ (1862), placé au-dessus de l’entrée de la cour d’assises.
– La fontaine de la place Maréchal-Lyautey (ex-place Morand) témoigne de sa capacité à concevoir des œuvres monumentales intégrées au mobilier urbain.

Style et positionnement artistique

Le style de Bonnet se définit par un académisme rigoureux, mâtiné de naturalisme. Moins mystique qu’un Joseph Fabisch ou qu’un Jean-Marie Bonnassieux, il s’illustre par une grande maîtrise technique du portrait et de l’allégorie civile. Son œuvre est le reflet d’une époque qui cherche à allier la solidité des traditions classiques à la modernité d’une bourgeoisie ascendante.

Fin de vie et postérité

Membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon dès 1860, il s’éteint le 26 avril 1873. Il laisse derrière lui une trace indélébile dans le paysage lyonnais, tant par ses monuments que par ses nombreux bustes de notables conservés au Musée des Beaux-Arts.

Sa sépulture au cimetière de Loyasse est remarquable : il y figure via un autoportrait en buste, où il s’est représenté avec une franchise physique assumée, loin des idéalisations qu’il appliquait parfois à ses commandes officielles.
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Histoire de Lyon - 26 avril 1873
📸 Guillaume Bonnet, Autoportrait (1872), Cimetière de Loyasse, allée 10.
Histoire de Lyon - 26 avril 1873
📸 La Justice punissant le Crime, Guillaume Bonnet (1862).

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