Histoire de Lyon – 25 juin 1934

Histoire de Lyon - 25 juin 1934

Quartier États-Unis

Le 25 juin… 1934 sont inaugurés les premiers blocs d’habitations du quartier des États-Unis également appelé cité Tony Garnier. Cet ensemble urbain situé dans le 8e arrondissement de Lyon a été en effet construit entre 1920 et 1935 sous la direction de l’architecte et urbaniste Tony Garnier.

Origines et nom du quartier

En 1917, peu après l’entrée en guerre des États-Unis, le conseil municipal de Lyon décide de nommer un nouveau boulevard reliant La Guillotière à Vénissieux en l’honneur de cet allié. Le quartier, structuré autour de cet axe principal, prendra naturellement le nom de boulevard des États-Unis. À la fin de la Première Guerre mondiale, une partie de cette zone se transforme en bidonville, révélant un besoin urgent d’aménagement.

La vision de Tony Garnier dans les années 1920-1930

Au début des années 1920, le maire Édouard Herriot confie à Tony Garnier la mission de concevoir un quartier d’habitations à loyer modéré. En 1925, trois maisons-types sont construites dans la partie nord, offrant 34 logements et 4 commerces. Pour répondre aux contraintes budgétaires, le projet final densifie l’habitat en rehaussant les immeubles. En 1931, le plan définitif est validé, prévoyant 46 bâtiments, 1586 logements et 60 commerces. Les premiers blocs, inaugurés le 25 juin 1934, coïncident avec l’ouverture des Gratte-ciel de Villeurbanne.

Tony Garnier adopte une approche novatrice pour l’époque, combinant modernité et humanisme. Ses immeubles, de taille modérée, sont entourés d’espaces verts et intègrent des commerces au rez-de-chaussée. Les logements, destinés aux ménages modestes, sont équipés de commodités révolutionnaires pour l’époque : gaz, électricité et toilettes individuelles.

Évolution et aménagements ultérieurs

Dès 1917, le terre-plein central du boulevard des États-Unis est prévu pour accueillir un tramway en site propre. Ce projet ne se concrétise qu’en 2009 avec la mise en service de la ligne T4. En 1951, un lycée pour jeunes filles, devenu le lycée Auguste et Louis Lumière, est construit. Face à la demande croissante de logements, l’urbanisation se poursuit dans les années 1950. Cependant, le programme initial de Tony Garnier, qui incluait une grande place et des équipements publics (garderie, école, bains publics) au sud, est abandonné en 1955. Un grand ensemble est alors édifié dans le quadrilatère formé par les rues Professeur-Beauvisage, Stéphane-Coignet, et les avenues Paul-Santy et Viviani.

Le boulevard des États-Unis

À l’époque de la construction du quartier, le boulevard des États-Unis n’existe que dans sa partie centrale, entre les rues Sarrazin et Cazeneuve. Une extension sud est aménagée lors du développement du quartier, et en 1959, la portion entre les rues Sarrazin et Professeur-Beauvisage est ouverte. La partie nord, reliant la rue Paul-Cazeneuve à la place Mendès-France, est également finalisée à cette période. Long d’environ 2 kilomètres, le boulevard s’arrête au sud contre l’usine Coignet, à l’avenue Viviani.

Le Musée urbain Tony Garnier

Dans les années 1980, les habitants, organisés en comité des locataires depuis 1983, souhaitent revaloriser leur quartier. En 1988, ils font appel aux artistes de l’association Cité Création pour réaliser des fresques célébrant l’œuvre de Tony Garnier. Entre 1989 et 1997, lors de la réhabilitation du quartier (1986-1999), 25 peintures murales sont créées, réparties en quatre thématiques :

  • Trois fresques introductives.
  • Douze fresques reprenant les dessins de la « Cité industrielle », projet utopique de Tony Garnier.
  • Quatre fresques illustrant les grands travaux de Lyon.
  • Six fresques représentant des visions internationales de la cité idéale, incluant des références comme la Tour de Babel de Pieter Brueghel l’Ancien.

En 1992, l’association Perspective Tony Garnier est créée, devenant en 1998 le Musée urbain Tony Garnier. Ce musée propose des visites des fresques et d’un appartement des années 1930, reconstitué pour illustrer la vie dans le quartier à ses débuts. Géré par le comité des locataires et l’OPAC du Grand Lyon, cet appartement met en lumière le caractère visionnaire et humaniste de Tony Garnier.

Héritage

Le quartier des États-Unis reste un témoignage de l’approche novatrice de Tony Garnier, qui a su répondre aux défis urbains du XXe siècle tout en plaçant l’humain au cœur de son projet. Les fresques et le Musée urbain Tony Garnier continuent de valoriser cet héritage, faisant du quartier un lieu où l’art, la culture et l’histoire se rencontrent.

Histoire de Lyon - 25 juin 1934
📸 La cité Tony Garnier dans les années 1920.

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