
Fondateur de l’enseignement mutuel
Le 23 octobre 1689 est décédé à Lyon Charles Démia – fondateur à Lyon du premier lieu de formation des maîtres en France et précurseur de l’enseignement mutuel.
📌 Né à Bourg-en-Bresse le , il était venu étudier au collège Jésuite de la Trinité de Lyon (actuel collège Ampère). Après des études de droit, il s’était orienté vers l’éducation avec pour ambition d’instruire les jeunes laissés-pour-compte de la ville pour leur permettre l’apprentissage d’un métier.
📌 Dans l’enseignement mutuel qu’il avait inventé, le maître s’appuyait sur des élèves studieux au sein de chaque classe – les « officiers » – eux-mêmes chargés de surveiller et de faire répéter les leçons aux autres élèves plus jeunes ou moins expérimentés, de corriger leurs fautes et de les aider dans leurs exercices.
📌 Dans cette pédagogie novatrice, les élèves étaient rassemblés par groupes autour de tables en îlots et pouvaient bouger dans la salle pour échanger et écrire sur les tableaux en libre accès qui couvraient les murs.
📌 Sa méthode avait été un succès et il avait rapidement ouvert cinq autres écoles de garçons avant de créer le séminaire Saint-Charles en 1672. Les évêques des régions voisines s’étaient empressés d’envoyer des ecclésiastiques se former à sa pédagogie pour l’introduire eux-mêmes dans leurs cours.
📌 Grâce au soutien obtenu par lettres patentes du roi en mai 1680 et mars 1681, les maîtres que Charles Démia avait formé avaient ensuite étendu sa pédagogie à Saint-Étienne, Villefranche et Saint-Chamond.
📌 Un siècle plus tard, la méthode d’enseignement mutuel sera reprise par l’écossais Andrew Bell (qui l’avait découverte lui en Inde en 1790) et diffusé en Europe au début du XIXe siècle.
📌 Sur décision du ministre Guizot, l’enseignement mutuel sera supplanté en France à partir de 1833 par l’enseignement simultané – dans le style pratiqué par les écoles chrétiennes de Jean-Baptiste de La Salle – aujourd’hui devenu la norme. Une méthode où le maître parle pendant que les élèves – statiques – écoutent.
📌 Alors qu’elle représentait jusqu’à un tiers des établissements, l’école mutuelle que Victor Hugo décrivait comme un « essaim joyeux » a disparu en 1840.
📌 L’apprentissage mutuel privilégiait l’indépendance et le mouvement et avait le mérite d’être économe en moyens et en maîtres. Mais au goût de ses détracteurs, la religion n’y était pas enseignée correctement, l’autorité du maître était amoindrie et l’on risquait la désobéissance ou la paresse chez certains…
📌 Les principes de coopération, d’autonomie et de responsabilisation mis en avant par L’École mutuelle reviennent actuellement de façon marginale dans des pédagogies telles que Montessori ou à l’initiative de certains professeurs au sein de l’Éducation nationale comme Vincent Faillet.
~
📍École Charles Démia, 112 rue Hénon, 69004 Lyon
~
👉 France Culture : A la découverte de l’enseignement mutuel
👉 Vincent Faillet – Les principes de la « classe mutuelle »
~
© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
Cet article vous a plus ? Partagez-le !