Histoire de Lyon – 23 octobre 1882

Histoire de Lyon - 23 octobre 1882

Attentat anarchiste à Lyon

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1882, une violente explosion secoue le café du Théâtre Bellecour, alors surnommé « L’Assommoir », situé à l’emplacement de l’actuelle Fnac Bellecour. La déflagration fait un mort, un employé du café, et plusieurs blessés. Le lendemain, une seconde explosion retentit au bureau de recrutement du fort de la Vitriolerie (près de l’actuel Quartier Général Frère), sans faire de victime.

📌 Ces deux attentats visent clairement des symboles du capital et de l’autorité militaire, dans un contexte d’agitation sociale et politique.
Rapidement, la police lyonnaise oriente son enquête vers le milieu anarchiste local, influencé par la stratégie de la « propagande par le fait », née dans les années 1870. Des perquisitions et arrestations s’enchaînent, menant à l’inculpation d’un jeune typographe, Antoine Cyvoct (1861‑1930), connu pour ses prises de position radicales au sein du mouvement ouvrier. Bien qu’aucune preuve directe ne le lie matériellement à l’attentat, il est arrêté sur dénonciation et accusé d’en être l’organisateur moral.

📌 Au début de l’année 1883, un vaste procès collectif contre 66 anarchistes s’ouvre devant le tribunal correctionnel de Lyon. Ce procès, dit de la « 66 », revêt une dimension internationale : parmi les prévenus figurent des militants français, suisses, italiens, russes et autrichiens. Ils sont accusés d’appartenir à l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), organisation alors clandestine en France.

📌 L’audience devient rapidement une tribune politique, où les accusés revendiquent leur lutte contre « l’ordre bourgeois », la misère ouvrière et l’exploitation capitaliste.

📌Antoine Cyvoct est, quant à lui, jugé séparément, par la cour d’assises du Rhône. Le 19 janvier 1883, il est condamné à mort, malgré l’absence de preuve formelle. Sa peine est ensuite commuée en travaux forcés à perpétuité, puis il est déporté en Nouvelle-Calédonie. Libéré en 1898, amnistié en 1898-1899, il reviendra à Lyon au début du XXᵉ siècle, où il reprendra ponctuellement son activité militante avant de mourir en 1930.

📌 Dans les années suivantes, Lyon – surnommée « la capitale de l’anarchisme » – restera un foyer d’agitation ouvrière et libertaire. Entre 1882 et 1894, plusieurs attentats anarchistes seront recensés en ville ou dans sa région. Le point culminant surviendra avec l’assassinat du président Sadi Carnot à Lyon le 24 juin 1894, par l’anarchiste italien Sante Caserio. Cet événement entraînera l’adoption des « lois scélérates », qui marqueront une répression sévère de tout mouvement anarchiste en France.
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👉 Lyonnais Hypothèses : Lyon – Capitale de l’anarchisme
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📍Ancien café de l’Assommoir, 85 rue de la République, 69002 Lyon
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

Histoire de Lyon - 23 octobre 1882

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