
Commune de Lyon
Le 22 mars 1871, les bataillons de garde nationaux de la Croix-Rousse et de la Guillotière se soulèvent pour soutenir la Commune de Paris proclamée le 18 mars précédent. Le lendemain, ils occupent l’Hôtel de Ville et proclament la ‘Commune de Lyon‘ !
📌 Après la capture de Napoléon III à Sedan le 2 septembre 1870 dans le cadre de la guerre contre la Prusse, le régime impérial a perdu toute légitimité auprès des masses populaires urbaines. À Lyon et Paris, la République a été proclamée dès le 4 septembre.
📌 Deux courants opposés se dessinent néanmoins quant à la nature à donner à ce nouveau régime : d’un côté, celui des socialistes et anarchistes partisans d’une République démocratique et sociale décentralisée, et de l’autre, celui du gouvernement ‘Versaillais’ d’Adolphe Thiers partisan d’une République bourgeoise jacobine. Les républicains se souviennent de la Révolution de 1848 qui a accouché d’un Empire en décembre 1851 suite au coup d’État de Napoléon III. Ils ne veulent pas voir échapper à nouveau la république sociale à laquelle ils aspirent.
📌 Le gouvernement de la Défense nationale a obtenu un armistice avec l’envahisseur germanique le 28 janvier 1871. Les partisans de la Commune refusent catégoriquement cette décision et préfèrent continuer le combat coûte que coûte.
📌 Une première ‘Commune de Lyon‘ avait été proclamée brièvement le 28 septembre 1870 à l’instigation de membres de l’Association internationale des travailleurs (AIT) soutenus par l’anarchiste Michel Bakounine de passage à Lyon. Cette dernière avait justifié son action face à « l’impuissance des pouvoirs officiels et à l’indifférence des classes privilégiées« . Mais les gardes nationaux des quartiers bourgeois avaient repris le dessus dans la même journée et rétabli les pouvoirs du préfet du département et du maire modéré Louis Hénon nouvellement élu.
📌 Cette seconde ‘Commune de Lyon’ est proclamée par les mêmes insurgés de septembre dans la foulée de l’insurrection parisienne. Pour contrer leur initiative, le maire fait apposer des affiches annonçant la réception solennelle des héros en armes de Belfort. Ces soldats ‘mobiles’ qui avaient résisté avec honneur au siège des Prussiens pendant 103 jours entrent dans la ville deux jours plus tard et empêchent effectivement l’insurrection de se prolonger. En détournant habilement l’élan révolutionnaire des insurgés vers l’accueil patriotique des Lyonnais qui s’était battu contre l’ennemi extérieur, le maire obtint pacifiquement de récupérer le pouvoir. À la Guillotière, le drapeau rouge flottera un peu plus longtemps puisque l’armée interviendra le 30 avril pour reprendre de force la mairie.
📌 La ‘Commune de Marseille‘ proclamée en même temps que celle de Lyon le 22 mars 1871 sera réprimée dans le sang le 5 avril (environ 150 morts). Celle de Paris à qui le gouvernement d’Adolphe Thiers souhaitait retirer armes et canons alors qu’elle voulait continuer le combat sera écrasée le 28 mai 1871 avec la bienveillance de l’armée prussienne qui avait libéré des prisonniers à cette fin (environ 15 000 morts).
📌 Plutôt qu’une fédération de communes décentralisées et combattantes, la France se dotera finalement d’une démocratie indirecte (ou ‘parlementaire’). Le gouvernement de Versailles signera le Traité de Francfort avec la Prusse le 10 mai 1871 et votera la dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France en août.
📌 1871 a été la seule Révolution initiée par les classes populaires qui n’a pas reçu le soutien de la bourgeoisie ; cette dernière préférant la guerre civile au nom du maintien de l’ordre à la guerre contre l’ennemi extérieur. Elle a entaché l’image de la IIIème République naissante avec l’abandon de l’Alsace-Lorraine et laissé de profondes cicatrices dans la société française.
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💬 « L’État n’est pas la patrie, c’est l’abstraction, la fiction métaphysique, mystique, politique, juridique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie ; mais c’est un amour réel, naturel. Pas une idée : un fait… Et c’est pour cela que je me sens franchement et toujours le patriote de toutes les patries opprimées. » Mikhaïl Bakounine (1814-1876).
💬 « L’État a toujours été le patrimoine d’une classe privilégiée quelconque : classe sacerdotale, nobiliaire, bourgeoise ; classe bureaucratique à la fin, lorsque, toutes les autres classes s’étant épuisées, l’État tombe ou s’élève, comme on voudra, à la condition de machine. » Mikhaïl Bakounine (1814-1876).
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