
Coup de force contre la Gestapo !
Le 21 octobre 1943, un audacieux coup de main du Commando des Groupes Francs de Libération-Sud permet de libérer 14 prisonniers politiques dont Raymond Aubrac. Il est réalisé boulevard des Hirondelles (à hauteur de la manufacture des tabacs) au cours d’un transfert entre le siège de la Gestapo et la prison de Montluc.
📌 C’est la troisième (et dernière) évasion réussie pour Raymond Aubrac (la première était sa fuite d’un camp de prisonniers en 1940, et la deuxième, son évasion de l’Hôpital de l’Antiquaille après son arrestation en mars 1943). Sa femme Lucie a joué un rôle déterminant dans chacune de ces évasions.
📌 Cofondateur avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie du journal et mouvement clandestin Libération-Sud, Raymond Aubrac (de son vrai nom Raymond Samuel) avait organisé la branche militaire du mouvement à partir de 1942.
📌 Il avait été arrêté par la Gestapo à Caluire quatre mois plus tôt, le 21 juin 1943, en même temps que Jean Moulin et d’autres chefs de la Résistance. Cette réunion, qui se tenait chez le docteur Frédéric Dugoujon, visait principalement à désigner un successeur au général Delestraint, chef de l’Armée secrète, qui venait d’être arrêté. Elle réunissait notamment Jean Moulin (délégué du général de Gaulle), Raymond Aubrac (Libération-Sud, chef des Groupes francs), Henri Aubry (Combat), Bruno Larat (Centre des Opérations de Parachutage et d’Atterrissage – COPA), André Lassagne (Libération-Sud, adjoint au général Delestraint), le colonel Albert Lacaze (chef du 4e Bureau de l’Armée secrète) et René Hardy (Combat, chef de la section « Résistance-fer » du NAP).
📌 La question du traître ayant dénoncé cette réunion aux Allemands est une des énigmes les plus débattues de l’histoire de la Résistance. Les soupçons ont principalement porté sur René Hardy, arrêté puis mystérieusement libéré peu avant Caluire. Il a été jugé deux fois (acquitté la seconde) sans que sa culpabilité ne soit prouvée définitivement. Lors de son procès en juin 1987, le chef de la Gestapo Klaus Barbie a prétendu avoir retourné Aubrac lors de sa deuxième arrestation en mars 1943. Une tentative de calmonie démentie par ce dernier.
📌 Avec sa femme et son fils, Raymond Aubrac est parvenu à rejoindre Londres le 8 février 1944.
📌 À la Libération, il sera nommé Commissaire de la République pour la région de Marseille (Région R5), fonction qu’il assumera d’août 1944 à janvier 1945. Il mettra en place les nouvelles institutions républicaines (Cour de justice, forces de sécurité républicaine, ancêtres des CRS). Il sera ensuite nommé Inspecteur général de la Reconstruction, où il assumera la charge de responsable national du déminage (1945-1948).
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🎬 Le film Lucie Aubrac (1997) du réalisateur Claude Berri raconte la tentative de Lucie de libérer son mari des griffes de la police allemande.
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