
Prisonnier italien
Le 3 novembre 1515, Maximilien Sforza, duc déchu de Milan, arrive à Lyon accompagné d’une suite restreinte.
Battu le 14 septembre 1515 à la bataille de Marignan, il a capitulé le 4 octobre suivant et est désormais le prisonnier de François Ier qui célèbre au passage la plus éclatante victoire de son début de règne. Maximilian Sforza demeurera quelques semaines à Lyon avant d’être conduit à Paris, où il vivra en exil avec une rente annuelle de 35 000 écus jusqu’à sa mort, le 4 juin 1530.
Son père, Ludovic Sforza – dit le More – avait lui aussi subi la captivité en France. Fait prisonnier par Louis XII en avril 1500, il avait été interné au château de Pierre-Scize avant d’être transféré à Loches, en Touraine, où il était mort en 1508.
Maximilien Sforza avait été proclamé duc de Milan le 28 décembre 1512 grâce à l’appui militaire des cantons suisses auxquels il avait concédé en échange les territoires de Lugano, Locarno et du val d’Ossola. Ces mercenaires suisses avaient infligé une sérieuse défaite aux Français lors de la bataille de Novare, le 6 juin 1513, contraignant Louis XII à abandonner le duché de Milan.
Mais l’avènement de François Ier, en janvier 1515, a changé l’équilibre entre les États italiens. Le nouveau roi a en effet conclu une alliance avec Venise dès le 13 mars 1515 et entreprit de reconquérir le Milanais. Sa victoire éclatante à Marignan a plusieurs conséquences importantes. La première est la signature du traité de Noyon entre le roi d’Espagne et François 1er le 13 août 1516, la deuxième est le Concordat de Bologne négocié avec le pape Léon X le 18 août 1516 et la troisième le Traité de Fribourg conclu avec les 13 cantons suisses le 29 novembre 1516. Ce dernier traité de paix dit « de paix perpétuelle » scelle une alliance durable entre les rois de France et les mercenaires Suisses. Il donne par ailleurs aux marchands Suisses un certain nombre d’avantages économiques et commerciaux dans leurs échanges avec la ville de Lyon (droits de douane réduits, sécurité personnelle…).
Après cette prise du Milanais, l’ambition de François Ier le poussera à candidater en 1519 pour le titre d’Empereur du Saint Empire romain germanique. Mais les 7 princes électeurs préféreront Charles de Habsbourg d’Espagne, petit-fils de Maximilien Ier, qui deviendra l’empereur Charles V (‘Charles Quint’).
Le nouvel Empereur reconquerra le duché de Milan en 1521. François Ier reprendra alors les armes mais il subira deux lourdes défaites à La Bicoque, le 29 avril 1522 et à Pavie, le 24 février 1525, où il sera capturé… Libéré contre une rançon l’année suivante après signature du traité de Madrid, il poursuivra néanmoins ses ambitions italiennes jusqu’à la fin de son règne et c’est son fils Henri II qui y renoncera par les traités du Cateau-Cambrésis du 3 avril 1559.
Bien que les onze guerres d’Italie n’aient pas offert à la France de conquêtes territoriales durables, elles ont néanmoins engendré un rayonnement artistique et culturel considérable. François Ier, en accueillant des artistes de renom comme Andrea del Sarto, Girolamo della Robbia ou Léonard de Vinci, a initié une collaboration culturelle particulièrement fertile. L’influence de la Renaissance italienne à la cour française a revitalisé de nombreuses disciplines artistiques, notamment la peinture, la littérature, la sculpture et l’architecture.
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