Histoire de Lyon – 21 avril

Histoire de Lyon - 21 avril

Élire le pape ?

Avec le décès du Pape François (1936-2025) ce lundi 21 avril commence un deuil officiel de 9 jours. Les cardinaux de l’Église catholique vont devoir se réunir pour élire un nouveau pape. Mais comment se passe cette élection ? Et comment sa procédure a-t-elle été déterminée ?

L’élection du pape a été progressivement définie par plusieurs conciles et décisions ecclésiastiques : le 3ème Concile de Latran (1179) tout d’abord a établi que l’élection du pape devait être réalisée par les cardinaux, avec une majorité des deux tiers des voix. Le 2ème Concile de Lyon (1274) ensuite a introduit les éléments du conclave moderne grâce à la bulle Ubi periculum promulguée par Grégoire X le 7 juillet 1274 : les cardinaux doivent être isolés dans un lieu fermé, sans contact extérieur, avec des restrictions sur leur approvisionnement en nourriture au fil du temps pour encourager une décision rapide.

Cet isolement forcé des cardinaux réunis en conclave (du latin cum clave, « sous clé ») est décidé en grande partie parce que la précédente élection avait duré 2 ans et 9 mois du fait des divisions entre cardinaux français et italiens (de novembre 1268 à 1er septembre 1271). Excédés par la lenteur de la décision, les habitants de Viterbe avaient fini par enfermer les cardinaux, réduire leurs rations et retirer le toit du Palais des papes où se tenait la réunion. La nouvelle procédure permet donc d’accélérer l’élection tout en limitant les ingérences externes.

Ce mode d’élection du pape a été temporairement suspendu en 1276 mais rétabli en 1294 par le pape Célestin V. Il s’applique donc depuis 731 ans. Inchangé dans son principe, il a connu des légers ajustements en 1996 avec la bulle Universi Dominici Gregis promulguée par le pape Jean-Paul II en 1996 et révisée par Benoît XVI en 2007 et 2013.

Les règles actuelles codifiant l’élection du pape sont donc les suivantes :

  • Conclave strict : Les cardinaux sont isolés dans la Domus Sanctae Marthae (résidence vaticane) et votent dans la Chapelle Sixtine, avec une interdiction absolue de communication avec l’extérieur (y compris par moyens technologiques modernes).
  • Élection : Seuls les cardinaux de moins de 80 ans au début de la vacance du siège apostolique peuvent voter – par bulletin secret – avec un maximum de 120 électeurs.
  • Majorité requise : Une majorité des deux tiers des votants est nécessaire pour élire un pape.
  • Secret absolu : Serment de confidentialité pour tous les participants, y compris le personnel non électeur (prêtres, médecins, etc.).
  • Interdiction de la simonie : Toute forme de pacte, promesse ou corruption est strictement interdite, sous peine d’excommunication.
  • Flexibilité pour le début du conclave : Le conclave doit commencer entre 15 et 20 jours après la vacance du siège, mais les cardinaux peuvent avancer cette date s’ils sont tous présents.

En pratique, avec à cette législation encourageant une décision rapide, les conclaves modernes durent entre 2 et 3 jours.

Après l’élection d’un pape et l’acceptation de sa nomination par celui-ci, une fumée blanche est produite par la combustion des bulletins dans la Chapelle Sixtine, signalant l’élection.

Le cardinal protodiacre révéle alors le nom du cardinal élu et son nom pontifical depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre avec la célèbre formule latine « Habemus Papam ».

Le nouveau pape apparaît ensuite au balcon pour saluer la foule et donner sa première bénédiction Urbi et Orbi. Les cloches de Saint-Pierre sonnent enfin pour confirmer l’événement généralement accueilli par des milliers de spectateurs et téléspectateurs.

© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

Histoire de Lyon - 21 avril
Le siège (vacant) du successeur de Pierre sous l’autel à baldaquin de la Basilique Saint-Pierre de Rome.
Histoire de Lyon - 21 avril
La chapelle Sixtine où se tient le conclave depuis le XVe siècle.

Cet article vous a plus ? Partagez-le !