
Le 17 janvier 1601, est signé le Traité de Lyon mettant fin à la guerre franco savoyarde moyennant un échange de territoires très favorable au roi de France.
Après l’Édit de Nantes (avril 1598) qui a mis fin aux guerres de Religion et la Paix de Vervins (mai 1598) qui a réglé le conflit avec l’Espagne, Henri IV s’est attaqué au dernier foyer de contestation territorial : le duché de Savoie dirigé par l’ambitieux Charles-Emmanuel Ier.
À l’issue de la Paix de Vervins, un accord a été conclu le 27 février 1600 : le duc de Savoie doit restituer le marquisat de Saluces à la France (possession française depuis 1538 qu’il a occupée en 1588 à la faveur des guerres de religion). En contrepartie, il reçoit un délai et des compensations limitées.
Sauf que le duc ne manifeste aucune intention réelle d’appliquer cet accord. Il temporise puis refuse d’exécuter les clauses. Devant sa mauvaise volonté, Henri IV décide d’intervenir militairement.
À l’été 1600, l’armée royale envahit la Savoie. Chambéry, Conflans et plusieurs places fortes tombent rapidement. La résistance se concentre ensuite sur la puissante citadelle de Montmélian, perchée sur un rocher dominant l’Isère.
Le marquis de Rosny (futur duc de Sully, Grand Maître de l’Artillerie) joue un rôle décisif dans ce siège. Il fait installer une trentaine de canons disposés en sept batteries, qu’il fait tirer avec une grande efficacité. Après un siège d’environ trois mois (août-novembre 1600), la forteresse capitule le 16 novembre. Henri IV peut alors revenir triomphalement à Lyon.
Le roi épouse Marie de Médicis le 17 décembre 1600 en la cathédrale Saint Jean-Baptiste, au milieu de grandes fêtes. Un mois plus tard, le 17 janvier 1601, il signe officiellement le Traité de Lyon : en contrepartie du marquisat de Saluces (en Piémont), le duc de Savoie cède la Bresse, le Bugey, le Valromey et la baronnie de Gex qui sont définitivement rattachés à la France.
La frontière est repoussée vers l’est : le cours du Rhône qui va de la région de Belley (à hauteur de Saint-Genix-les-Villages) – au sud – jusqu’aux abords de Genève – au nord – devient la nouvelle limite naturelle entre le royaume de France et les États de Savoie.
En gagnant une profondeur territoriale à l’est, Lyon cesse d’être une ville frontière exposée.
Le Traité de Lyon a sécurisé les routes commerciales lyonnaises le long du Rhône. Cette stabilité retrouvée a instauré un climat de confiance favorable au développement économique du XVIIe siècle : les foires ont gagné en influence, les manufactures de soie ont pris leur essor et Lyon a renforcé son statut de grande place bancaire et commerciale européenne.
Coincée entre la France à l’ouest des Alpes et les possessions espagnoles en Italie (Milan) à l’est des Alpes, la Savoie a perdu environ un tiers de ses territoires occidentaux. Elle se recentrera sur ses possessions italiennes – la capitale avait déjà été déplacée de Chambéry à Turin en 1562 – qui formeront plus tard le noyau du royaume de Sardaigne.
Annexée par la France de 1792 à 1815, la Savoie sera rendue au royaume de Piémont-Sardaigne en 1815, avant d’être définitivement rattachée à la France en 1860 par le traité de Turin ratifié par plébiscite sous Napoléon III.
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❓QUIZZ : Quel conseiller du roi ayant mené le siège de la forteresse de Montmélian en 1675 possède une rue et une statue à son nom dans le 6ème arrondissement de Lyon ?
✅ Réponse : Le duc de Sully, Grand maître de l’artillerie de France et surintendant aux finances.
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