
Les ouvriers en Résistance
Le 13 octobre 1942, des grèves éclatent aux ateliers SNCF d’Oullins contre l’envoi d’ouvriers en Allemagne.
📌 Le mouvement gagne vite d’autres entreprises de l’agglomération lyonnaise : la SIGMA et la SOMUA à Vénissieux, la CRE à Caluire, les automobiles Berliet à Monplaisir. On estime le nombre de grévistes à 12 000.
📌 Pour nourrir son économie de guerre, l’Allemagne nazie exigeait une main-d’œuvre massive. Hitler en confia le recrutement à Fritz Sauckel, surnommé le « négrier de l’Europe ». Au printemps 1942, celui-ci réclama 250 000 travailleurs à la France.
📌 Pour y répondre, Pierre Laval annonça le 22 juin 1942 la « Relève » : pour trois ouvriers qualifiés partis travailler en Allemagne, un prisonnier de guerre serait libéré. Dans le même discours, il déclara : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout. »
📌 Les volontaires furent trop peu nombreux. Le 4 septembre 1942, Vichy promulgua donc une loi qui permettait de réquisitionner les hommes de 18 à 50 ans. En octobre, les listes de « désignés » s’affichent dans les usines lyonnaises. Lyon se trouve pourtant encore en zone non occupée : les Allemands n’envahiront la zone sud que le 11 novembre.
📌 La presse clandestine et Radio Londres donnent un large écho au mouvement. Mais la Résistance n’a guère de solutions matérielles à offrir aux milliers d’ouvriers menacés. Vivre caché sous une fausse identité ou rejoindre un maquis reste un risque que tous ne peuvent prendre.
📌 Sous l’effet de la répression, la grève cessera le 17 octobre, quatre jours après avoir commencé. Des milliers de travailleurs prendront, à contrecœur, la route de l’Allemagne.
📌 Une troisième exigence de Sauckel conduira Vichy à créer, par la loi du 16 février 1943, le Service du travail obligatoire (STO). Au total, quelque 650 000 Français seront contraints de travailler pour le Reich, en plus du million de prisonniers de guerre qui s’y trouvaient déjà.
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