Histoire de Lyon – 13 août 1937

Histoire de Lyon - 13 août 1937

Marcel Mérieux

Le 13 août 1937, s’est éteint à Collonges-au-Mont-d’Or le célèbre biochimiste Marcel Mérieux (né le 16 janvier 1870 à Lyon).

Fils d’un négociant en soie, Marcel Mérieux fut formé à l’École supérieure de chimie industrielle de Lyon, où il étudia sous la direction de Jules Raulin, un disciple de Louis Pasteur, et côtoya Victor Grignard, qui reçut le prix Nobel de chimie en 1912.

Après avoir soutenu une thèse sur les colorants permettant l’identification des microbes, il intégra l’Institut Pasteur à Paris en 1894 comme assistant d’Émile Roux, un pionnier de la sérothérapie. Là, il se consacra à l’étude de micro-organismes pathogènes, notamment le bacille de la peste (Yersinia pestis), participant à des recherches cruciales sur les maladies infectieuses.

En 1897, animé par une vision d’innovation, il fonda l’Institut biologique Marcel-Mérieux à Lyon, d’abord installé dans les combles de l’Hôtel-Dieu. Cet institut avait pour ambition de produire des sérums et d’introduire la biologie médicale dans la région lyonnaise, à une époque où la microbiologie était encore émergente. Mérieux développa des sérums contre des maladies graves comme la diphtérie, la tuberculose et le tétanos, contribuant à sauver de nombreuses vies. Il fut l’un des premiers à industrialiser la production de vaccins et de sérums, non seulement pour la santé humaine, mais aussi pour la médecine vétérinaire, marquant une avancée significative dans la lutte contre les maladies infectieuses.

En 1917, pour répondre à une demande croissante, il transféra son institut à Marcy-l’Étoile, près de Lyon, dans un domaine mieux adapté à la production à grande échelle. Il y développa notamment des sérums anti-aphteux, utilisant des chevaux pour produire des anticorps, une pratique alors courante. Ces sérums furent essentiels pour protéger le bétail contre la fièvre aphteuse, renforçant ainsi l’impact économique et sanitaire de son travail.

Parallèlement, Marcel Mérieux enseigna la bactériologie dans les hôpitaux lyonnais, formant une nouvelle génération de médecins et renforçant les liens entre la médecine humaine et vétérinaire, un domaine où il fut un précurseur. Son approche interdisciplinaire contribua à faire de Lyon un centre d’excellence en microbiologie.

Marié à Marguerite Condamin en 1903, il eut deux fils : Jean, qui mourut jeune, et Charles, qui prit la direction de l’institut après sa mort et poursuivit son œuvre, faisant de l’Institut Mérieux un acteur majeur de l’industrie pharmaceutique mondiale.

Au-delà de ses réalisations scientifiques, Marcel Mérieux joua un rôle clé dans la modernisation des infrastructures médicales lyonnaises. Il collabora avec les autorités locales pour intégrer les avancées de la microbiologie dans les hôpitaux et participa à la création d’un réseau de laboratoires d’analyses médicales. Son institut, devenu plus tard bioMérieux sous la direction de son fils Charles, reste un symbole de son héritage visionnaire.

À sa mort, Marcel Mérieux laissa un legs scientifique et industriel majeur, ayant jeté les bases d’une industrie vaccinale moderne et d’une approche intégrée de la santé publique. Son travail a non seulement transformé la médecine de son époque, mais continue d’influencer la recherche et la production de vaccins à l’échelle mondiale.

© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

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