
Adoption du drapeau tricolore
Le 9 août 1830, jour de l’intronisation de Louis-Philippe Ier comme « roi des Français », le drapeau tricolore est hissé officiellement sur les édifices publics de Lyon. Ce geste marque la fin de la Restauration et le retour définitif des trois couleurs nationales.
Les trois couleurs (bleu, blanc, rouge) avaient remplacé le drapeau blanc une première fois le 21 octobre 1790, jour où Mirabeau avait défendu avec fougue devant l’Assemblée nationale constituante la proposition du baron Jacques-François de Menou.
Pourtant, ce drapeau tricolore a été contesté à plusieurs reprises dans la ville lors de soulèvements populaires :
En novembre 1831 (première révolte des canuts) et à nouveau en avril 1834 (deuxième révolte), les insurgés ont hissé le drapeau noir de l’anarchie sur la colline de Fourvière, l’église Saint-Nizier et l’hôpital de l’Antiquaille. Il portait l’inscription restée célèbre : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».
Pendant la révolution de Février 1848, les Voraces (société ouvrière républicaine de la Croix-Rousse) se sont emparés de l’Hôtel de Ville et ont remplacé le drapeau tricolore par le drapeau rouge – retiré dès le 28 février sur intervention du commissaire de la République Emmanuel Arago. Le 15 juin 1849, une nouvelle insurrection des Voraces, née du rejet de l’expédition française de Rome, s’est à nouveau emparée de la Croix-Rousse, avant d’être écrasée par l’armée.
Le 4 septembre 1870, au lendemain de la défaite de Sedan, les républicains lyonnais, menés notamment par Jacques-Louis Hénon, ont proclamé la République (quelques heures avant Paris). Ils ont hissé le drapeau rouge sur le beffroi de l’Hôtel de Ville, symbole de la révolution sociale. Il y a flotté six mois jour pour jour, jusqu’au 4 mars 1871, avant d’être remplacé par le tricolore.
Le 22 mars 1871, une nouvelle insurrection a éclaté en soutien à la Commune de Paris : l’Hôtel de Ville a été repris par les insurgés, qui ont proclamé une « Deuxième Commune de Lyon ». Le mouvement a été neutralisé dès le 25 mars à l’Hôtel de Ville, mais la mairie de la Guillotière, dernier bastion de l’agitation communarde, a gardé le drapeau rouge jusqu’au 30 avril 1871, date de l’intervention de l’armée.
Le drapeau tricolore a encore fait l’objet d’un vif débat national au début de la IIIe République. En 1871 puis en 1873, le prétendant légitimiste Henri V (comte de Chambord) a refusé de monter sur le trône si le drapeau blanc n’était pas rétabli. Il considérait le tricolore comme le symbole de la Révolution et a déclaré, dans son manifeste du 5 juillet 1871 : « Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d’Henri IV. » Ce refus intransigeant, confirmé lors de la rupture définitive d’octobre 1873, a fait échouer la restauration monarchique et a contribué à consolider durablement la République.
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