Histoire de Lyon – 11 juin 1882

Histoire de Lyon - 11 juin 1882

Architecte du diocèse de Lyon

Le 11 juin 1882, l’architecte ‘Tony’ Desjardins s’est éteint au château d’Hostel, sur la commune de Belmont-Luthézieu (Ain), à l’âge de 67 ans. Né Antoine Desjardins le 29 juillet 1814 à Lyon, il a profondément marqué sa ville natale et son diocèse par la qualité et l’ampleur de ses réalisations, tant civiles que religieuses.

Une formation d’excellence

Après des études au pensionnat Michel de Lyon et un séjour en Allemagne, il intègre l’École des Beaux-Arts de Lyon, puis celle de Paris, où il suit l’enseignement de Félix Duban. De retour dans sa ville natale, il travaille dans l’atelier de Louis Dupasquier et devient rapidement professeur de dessin à l’École de La Martinière. Son talent et son goût pour l’architecture Renaissance et néoclassique lui valent une reconnaissance rapide.

Architecte diocésain et architecte de la Ville

Nommé architecte diocésain de Lyon en décembre 1848, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, Tony Desjardins met son savoir-faire au service de la foi catholique dans un diocèse en pleine expansion démographique. En juillet 1854, il est également nommé architecte en chef de la Ville de Lyon, fonction qu’il exerce jusqu’en 1870. Cumulant ces deux hautes responsabilités pendant plus de trente ans, il supervise la construction ou la restauration d’une trentaine d’églises et de nombreux bâtiments publics.

Principales réalisations

Parmi ses réalisations religieuses majeures figurent la construction de l’église Saint-Bernard (en collaboration avec Hugues-François Dubuisson de Christot), celles de l’église Saint-André et de l’église Saint-Pierre de Vaise, ainsi que l’édification du grand séminaire de Saint-Irénée. Il intervient également de façon importante à la Primatiale Saint-Jean, notamment en relevant la charpente de la grande nef, et procède au remaniement partiel du Palais archiépiscopal. Il est enfin à l’origine de nombreuses constructions et restaurations dans le Rhône et la Loire, notamment à Tarare, Anse, Firminy, Roanne et à l’abbaye de Charlieu.

Dans le domaine civil, il mène la restauration majeure de l’Hôtel de ville de Lyon entre 1854 et 1866, agrandit le Palais des Arts (actuel Musée des Beaux-Arts) et construit les premières Halles de Lyon avec une structure métallique. On lui doit également la fontaine Morand, place du Maréchal-Lyautey, réalisée en collaboration avec le sculpteur Guillaume Bonnet, ainsi que de nombreux autres projets : lycées, marchés, abattoirs et fontaines.

Un style éclectique et harmonieux

Tony Desjardins s’inscrit pleinement dans l’éclectisme du XIXe siècle. Formé au néoclassique, il intègre avec élégance des éléments néo-gothiques et néo-romans, tout en respectant scrupuleusement l’architecture médiévale lorsqu’elle existe. Ses édifices religieux se distinguent par l’harmonie des proportions, une belle maîtrise de la lumière et un soin remarquable apporté aux détails décoratifs. Passionné d’archéologie et d’histoire, il défend avec conviction la valeur du patrimoine médiéval.

Témoin de cet intérêt, il acquiert en 1862 le château d’Hostel, où il installe une partie de sa collection d’antiquités et finance des fouilles dans la région, notamment en collaboration avec l’historien Marie-Claude Guigue.

Un héritage durable

Membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, de la Société académique d’architecture de Lyon et chevalier de la Légion d’honneur, Tony Desjardins laisse un héritage architectural important. Ses églises et monuments continuent d’embellir Lyon et son diocèse, à une époque où architecture et foi étaient profondément liées. Son fils Paul Desjardins, architecte lui aussi, poursuivra en partie son œuvre.

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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon

Histoire de Lyon - 11 juin 1882
© ExploraLyon – Le Palais archiépiscopal de Lyon remanié par Tony Desjardins.

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