Histoire de Lyon – 10 juin 1836

Histoire de Lyon - 10 juin 1836

André-Marie Ampère, un génie lyonnais

Le 10 juin 1836 est décédé le Lyonnais André-Marie Ampère, fondateur de l’électrodynamique dont le nom désigne aujourd’hui l’unité d’intensité du courant électrique (né à Lyon le 20 janvier 1775).

📌 Un autodidacte de génie. Ampère grandit à Poleymieux, dans les monts d’Or, où sa famille possédait une maison de campagne. Il n’alla jamais à l’école et apprit seul, dans la bibliothèque paternelle, en dévorant l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. À treize ans, il s’attaquait déjà aux mathématiques les plus avancées de son temps.

📌 Une jeunesse brisée. Son père, Jean-Jacques Ampère, juge de paix à Lyon, fut guillotiné en novembre 1793, pendant la répression qui suivit le siège de la ville. Le jeune homme en resta prostré pendant plus d’un an. Il épousa Julie Carron en 1799, mais la jeune femme mourut quatre ans plus tard, peu après la naissance de leur fils, Jean-Jacques, futur historien et académicien.

📌 De Lyon à Paris. Professeur à Bourg-en-Bresse, puis au lycée de Lyon (ancien collège de la Trinité), Ampère gagna Paris en 1804. Il enseigna à l’École polytechnique, entra à l’Académie des sciences en 1814 et obtint une chaire au Collège de France en 1824.

📌 La découverte de 1820. Au printemps 1820, le physicien danois Hans Christian Ørsted observa qu’un fil parcouru par un courant électrique faisait dévier l’aiguille d’une boussole. Il publia sa découverte en juillet. L’électricité et le magnétisme, jusque-là tenus pour deux phénomènes distincts, étaient donc liés.

La nouvelle parvint à Paris, où François Arago la présenta à l’Académie des sciences le 11 septembre 1820. Ampère se mit aussitôt au travail. Une semaine plus tard, le 18 septembre, il présentait ses premiers résultats, puis il revint devant l’Académie chaque semaine pendant plusieurs mois. Il montra que deux fils parcourus par des courants s’attirent quand les courants vont dans le même sens, et se repoussent quand ils vont en sens contraire. Il en tira une hypothèse audacieuse : le magnétisme d’un aimant naîtrait de minuscules courants électriques circulant dans la matière. Pour le prouver, il enroula un fil en hélice, qu’il appela « solénoïde », et montra qu’il se comportait comme un aimant dès que le courant le traversait.

En 1827, il publia sa Théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l’expérience. Ce texte fondateur donna son nom à une nouvelle science : l’électrodynamique. On doit aussi à Ampère la distinction entre « courant » et « tension » électriques, et l’idée d’un télégraphe électrique, qu’il proposa dès 1820. Le physicien écossais James Clerk Maxwell le surnomma plus tard « le Newton de l’électricité ».

📌 Un esprit universel. Ampère s’intéressa aussi à la chimie, à la philosophie et à la classification des sciences. C’est lui qui forgea le mot « cybernétique », pour désigner l’art de gouverner. Inspecteur général de l’Université, il mourut en tournée d’inspection, loin de sa ville natale.

📌 La postérité. En 1881, le Congrès international des électriciens donna son nom à l’unité d’intensité du courant électrique. Son nom figure parmi les 72 savants gravés sur la tour Eiffel, et son portrait apparaît à Lyon sur la Fresque des Lyonnais. À Poleymieux, sa maison d’enfance abrite aujourd’hui un musée de l’électricité.

📌 Mémoire. Le 8 octobre 1888, le président de la République Sadi Carnot, en visite à Lyon, inaugura la statue d’André-Marie Ampère sur la place qui porte son nom, entre Bellecour et Perrache. La même année, le lycée de Lyon prit aussi le nom de lycée Ampère. Six ans plus tard, le 24 juin 1894, le président Carnot devait être assassiné à Lyon.

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Histoire de Lyon - 10 juin 1836

Histoire de Lyon - 10 juin 1836
© Photo ExploraLyon : 31 rue de la Bourse, 69002 Lyon – Entrée du collège de la Trinité fondé en 1519 où Ampère enseigna – devenu Lycée en 1802 – et rebaptisé Lycée Ampère en 1888.

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