
Voler et battre des records
Le 6 juillet 1952, l’aviatrice Maryse Bastié meurt accidentellement lors du meeting national d’aviation de Lyon-Bron suite à une fausse manœuvre. Une femme pilote qui a marqué les débuts de l’aviation.
📌 Née le 27 février 1898, elle avait découvert l’aviation en épousant en deuxième noce le lieutenant aviateur Louis Bastié. Le couple fréquentait l’as de l’aviation Roger Ronserail qui lui avait offert son baptême de l’air à 24 ans et lui avait donné envie de devenir pilote.
📌 Elle avait décroché son brevet le 29 septembre 1929 et avait ensuite enchaîné les heures de vol pour devenir rapidement instructrice-pilote et se rendre à Paris.
📌 Son mari s’était tué le 15 octobre 1926 dans un accident d’avion. Le pilote Maurice Drouhin l’avait ensuite aidé à financer sa passion en lui offrant en 1928 le poste de premier pilote pour établir le record féminin Paris – Trzebiatów (Pologne). Ce dernier exploit lui avait permis d’acheter son propre avion : un Caudron C.109.
📌 En compétition avec l’aviatrice française Léna Bernstein, elle avait réalisé le record de France de durée de vol le 4 septembre 1930 (37h55 de vol). Elle avait ensuite établi un record de distance avec 2 976 km sur le parcours Paris-Uhring (Russie) pour lequel elle avait reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur et le Harmon Trophy américain.
📌 Pour vivre de l’aviation de compétition, elle s’était parfois cantonnée à de nombreux baptêmes de l’air. Encouragée par Mermoz elle avait décroché le record du monde féminin de vitesse en effectuant la traversée de l’océan Atlantique Sud en février 1937 (12h05).
📌 En 1939, elle avait milité pour la création d’une « phalange féminine » au sein de l’Armée de l’air ; une idée timidement reprise par décret du 27 mai 1940 créant un corps féminin de 100 pilotes auxiliaires. À l’inverse, l’URSS avait largement fait confiance aux femmes en créant 3 régiments d’aviation féminins : des « Sorcières de la nuit » qui avaient inspiré la terreur chez les troupes de l’Axe à l’est avec leurs attaques nocturnes.
📌 Bousculée par une sentinelle allemande lors d’un convoyage en juin 1940, elle s’était fracturé le coude droit et n’avait plus pu piloter par la suite. Démobilisée en juillet 1940, elle avait continué à servir à la Croix-Rouge où elle en avait profité pour recueillir des renseignements sur l’occupant.
📌 Maryse avait rejoint les relations publiques du Centre d’essais en vol en 1951 et c’est comme passagère d’un prototype de Noratlas qu’elle trouve la mort le 6 juillet 1952 à l’âge de 54 ans. L’aviation française a perdu ce jour-là une de ses plus grandes figures féminines.
📌 Pour l’anecdote, le premier corps de pilotes militaires féminins – créé en septembre 1944 sur une initiative du ministre Charles Tillon soutenue par Charles de Gaulle – a été dissous en février 1946. L’Armée de l’air a recommencé à recruter des pilotes féminins à partir de… 1982.
📌 Aujourd’hui seulement 3% des pilotes d’avion sont des femmes au niveau mondial et environ 10% en France.
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
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