Histoire de Lyon – 04 novembre 1793

Histoire de Lyon - 04 novembre 1793

La Terreur à Lyon

Le 4 novembre 1793, le jacobin Jean-Marie Collot d’Herbois arrive à Lyon sur ordre du Comité de Salut Public pour y appliquer une terrible répression…

📌 Le 29 mai 1793, les Lyonnais, républicains modérés proches des Girondins, rejoints par des royalistes, avaient renversé la municipalité jacobine. Ils avaient guillotiné Joseph Chalier, le chef des Jacobins lyonnais, le 17 juillet. Sauf qu’à Paris, le mouvement avait été inverse : les Montagnards avaient chassé les Girondins de la Convention le 2 juin, puis Robespierre était entré au Comité de salut public quelques semaines plus tard. La Convention avait alors envoyé l’Armée des Alpes mater ce qu’elle considérait comme une « insurrection fédéraliste » au même titre qu’à Marseille, Bordeaux ou Toulon.

📌 Dès le 9 août, Lyon avait été assiégé. Le 12 août, la Convention a scindé en deux le département de Rhône-et-Loire, (créé en 1790) pour priver la ville rebelle de son influence sur les districts de Montbrison, Roanne et Saint-Étienne.

📌 Après deux mois de siège et une résistance acharnée, la ville était tombée 9 octobre 1793. Elle fut rebaptisée « Ville-Affranchie » le 12 octobre et près de 300 immeubles promis à la destruction.

📌 Collot d’Herbois vient donc châtier les Lyonnais. Rejoins le mois suivant par Joseph Fouché pour qui « le sang du crime féconde le sol de la liberté et affermit sa puissance », ils feront à eux deux exécuter près de 1 900 Lyonnais à la guillotine place des Terreaux ou à la mitraille dans la plaine des Brotteaux.

📌 Le château de Pierre-Scize – la « Bastille lyonnaise » – sera rasé ainsi que les façades ouest de la place Bellecour et nombre de demeures de « riches ». Entre le siège, les exécutions et la fuite des habitants, la ville va perdre près d’un tiers de sa population.

📌 Ancien comédien, Collot d’Herbois avait dirigé le théâtre de Lyon, où le public l’aurait souvent sifflé, ce qui aurait nourri sa rancœur envers la ville. Il regagnera Paris fin décembre 1793, laissant Fouché poursuivre la répression jusqu’au printemps.

📌 Sentant le vent tourner, il participera au coup du 9 thermidor (27 juillet 1794), qui fera tomber Robespierre. Mais son passé le rattrapera et le 1er avril 1795, la Convention décrétera sa déportation en Guyane, où il mourra de la fièvre jaune l’année suivante.

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