
Fondation de l’Œuvre de la Propagation de la Foi
Le 3 mai 1822, à Lyon, Pauline Jaricot, une jeune laïque issue d’une famille de soyeux lyonnais (née le 22 juillet 1799), fonde l’Association de la Propagation de la Foi, aujourd’hui connue sous le nom d’Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi.
Renouveau missionnaire post-révolutionnaire
Après les bouleversements de la Révolution française (1789-1799), qui ont durement frappé l’Église catholique par la persécution, la sécularisation et la confiscation de ses biens, le début du XIXe siècle marque un renouveau religieux en France. Sous la Restauration (1814-1830), l’Église cherche à se reconstruire spirituellement et institutionnellement. Ce regain de ferveur s’accompagne d’une ouverture missionnaire, portée par une vision universaliste du catholicisme et soutenue par le pape Grégoire XVI.
C’est dans ce contexte que Pauline Jaricot, inspirée par les lettres de son frère Philarète – missionnaire en Chine – et bouleversée par un sermon sur la vanité décide de changer de vie et de mobiliser les fidèles pour soutenir l’évangélisation dans le monde. À Lyon, ville dynamique et pieuse, elle réunit des groupes de laïcs, notamment des ouvrières de la filature de soie familiale, pour créer une œuvre novatrice dédiée aux missions.
Fondation et innovation
Pauline Jaricot organise des groupes de dix personnes, appelés dizainiers, qui s’engagent à prier quotidiennement pour les missions et à verser une modeste contribution hebdomadaire (un sou, équivalent à un centime). Chaque membre recrute à son tour dix autres contributeurs, formant un réseau pyramidal qui se répand rapidement. Ce système participatif simple et efficace peut être considéré comme une préfiguration du crowdfunding moderne. Il permet de collecter des sommes considérables. Dès 1827, l’association récolte environ 200 000 francs, une somme impressionnante pour l’époque. Les fonds sont intégralement redistribués aux missions étrangères, notamment via les Missions étrangères de Paris (MEP), dans des territoires en Chine, en Indochine, en Afrique, en Océanie et aux États-Unis.
Croissance et reconnaissance pontificale
L’Œuvre connaît une expansion fulgurante. En 1830, elle compte 150 000 membres ; à la mort de Pauline Jaricot, le 9 janvier 1862, ils sont 2,25 millions. En 1823, un délégué est envoyé à Rome, et le pape Pie VII bénit l’initiative, accordant des indulgences aux donateurs. En 1840, le pape Grégoire XVI la reconnaît comme institution catholique universelle et Pie X la recommande en 1912.
Le centenaire de l’Œuvre, en 1922, marque un tournant : le pape Pie XI la déclare Œuvre pontificale, transfère son siège de Lyon à Rome et la place sous l’égide de la Congrégation pour la Propagation de la Foi (renommée Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples en 1967). Elle devient la première et la plus importante des quatre Œuvres pontificales missionnaires, aux côtés de l’Œuvre de Saint-Pierre Apôtre, de l’Œuvre de l’Enfance Missionnaire et de l’Union Pontificale Missionnaire.
Mission et impact mondial
L’Œuvre pour la Propagation de la Foi a pour mission de soutenir spirituellement et matériellement les prêtres, religieux et laïcs engagés dans l’évangélisation, sans distinction de nationalité. Les fonds collectés, notamment lors de la Journée missionnaire mondiale (célébrée l’avant-dernier dimanche d’octobre), financent :
– Les dépenses ordinaires et projets spéciaux des diocèses missionnaires.
– La formation des catéchistes.
– La construction d’églises, d’écoles et de dispensaires.
– Les œuvres caritatives dans la santé, l’éducation et les infrastructures
Dès ses débuts, l’Œuvre soutient des missions dans des régions variées. En Chine, les missionnaires MEP fondent des communautés chrétiennes malgré les persécutions. En Indochine, ils créent des orphelinats et des écoles. En Afrique et en Océanie, ils posent les bases de structures éducatives et sanitaires. Les Annales de la Propagation de la Foi, publiées dès 1822 et jusqu’en 1974, jouent un rôle clé dans la sensibilisation. Succédant aux Lettres édifiantes et curieuses des jésuites, elles relatent les récits des missionnaires, captivant un large public et inspirant vocations et dons. Ces publications renforcent le lien entre les catholiques européens et les missions lointaines.
Organisation actuelle
Aujourd’hui, l’Œuvre pour la Propagation de la Foi poursuit son travail de soutien aux missionnaires et de diffusion de l’Évangile dans plus de 140 pays, structurée autour de Directeurs nationaux et de Conseils nationaux, sous la supervision d’un Secrétariat international au Vatican. Elle soutient plus de 1 100 diocèses et vicariats missionnaires, avec un accent sur l’autonomie des Églises locales. En 2022, elle a par exemple financé la formation de 9 000 séminaristes et soutenu 26 000 écoles catholiques dans des régions défavorisées.
L’Œuvre promeut également l’esprit missionnaire à travers la prière et la formation des missionnaires, conformément à l’élan de coopération missionnaire impulsé par le Concile Vatican II (1962-1965).
Héritage de Pauline Jaricot
Pauline Jaricot a été béatifiée à Lyon le 22 mai 2022 devant 12 000 fidèles. Sa tombe, est située dans l’église Saint-Nizier et son cœur est conservé à l’église Saint-Polycarpe.
Outre l’Œuvre, elle a fondé en 1826 le mouvement de prière du Rosaire Vivant qui est toujours actif. Malgré des épreuves personnelles (ruine financière, maladie), Pauline Jaricot incarne l’engagement au service des plus démunis. Elle préfigure celui des laïcs qui sera promu au siècle suivant par le concile Vatican II. Son modèle de collecte participative inspire des initiatives modernes comme la plateforme de financement CredoFunding.
📍Maison de Lorette – 42bis montée Saint-Barthélémy, 69005 Lyon : acquise par Pauline Jaricot en 1832 pour soutenir ses Œuvres Missionnaires, cette maison est aujourd’hui un lieu de mémoire de sa vie et de ses actions. Ouverte de 9h30 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, sauf le dimanche matin et le mardi.
💬 « Il faut que la prière soit la respiration de l’âme, et que l’amour de Dieu soit le mouvement de notre cœur. »
💬 « Dieu choisit les faibles pour confondre les forts, et les petits pour accomplir de grandes choses. »
💬 « L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont la source de toute œuvre missionnaire. »
💬 « Le saint Rosaire est une chaîne d’amour qui lie les âmes à Dieu par Marie. »
💬 « Marie est la première missionnaire, car elle a porté le Christ au monde. »
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© ExploraLyon – Le jeu de piste sur l’histoire de Lyon
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