
Martyrs de Lyon
Fêtés à Lyon le 2 juin, sainte Blandine et saint Pothin – premier évêque de Gaule – font partie des 48 chrétiens tués pour leur foi à Lugdunum le 2 août 177 après Jésus-Christ.
📌 Leur récit est connu grâce à la « Lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie » retrouvée par l’évêque et historien Eusèbe de Césarée (vers 339). Cette lettre rend compte d’une des premières persécutions de chrétiens qui s’est tenue sous le règne de l’empereur Marc Aurèle.
📌 D’origine grecque, Pothin avait été envoyé en Gaule vers 150 par Polycarpe, évêque de Smyrne et lui-même disciple de saint Jean. Il avait exercé son ministère avec ardeur jusqu’à son arrestation à Lugdunum. Ce jour-là, il lui fut demandé ainsi qu’à 47 autres condisciples de renier leur foi et de rendre un culte à l’Empereur, ce qu’ils refusèrent.
📌 Interrogé une dernière fois par le gouverneur local qui lui demandait quel était le Dieu des chrétiens, l’évêque Pothin – âgé de plus de 90 ans – lui répondit avec audace : « Tu le sauras quand tu en seras digne ». Battu, il mourut de ses blessures en prison deux jours plus tard. Ses condisciples – emprisonnés comme lui – furent soit décapités pour ceux qui avaient la citoyenneté romaine soit jetés aux lions dans l’Amphithéâtre des Trois Gaules.
📌 Dans l’arène, les lions et le taureau ne suffirent pas à tuer Blandine qui fut finalement égorgée. Sa résistance et sa foi impressionnèrent jusqu’à ses bourreaux. Pour son témoignage, l’Église catholique l’a désigné comme Sainte Patronne de Lyon.
📌 Les persécutions des chrétiens sous l’Empire romain furent nombreuses et variables en intensité. Locales et sporadiques sous Marc Aurèle (161-180), elles s’intensifièrent notamment lors de la grande persécution de Dioclétien et de ses co-empereurs entre 303 et 313. Cette période, la plus sévère, visait à éradiquer le christianisme, mais elle échoua face à la résilience des communautés chrétiennes. La situation changea radicalement avec l’édit de Milan en 313, promulgué par Constantin et Licinius, qui accorda la liberté de culte aux chrétiens. Enfin, l’empereur Théodose Ier, par l’édit de Thessalonique (le 27 février 380), déclara le christianisme religion officielle de l’Empire romain, marquant un tournant décisif.
📌 Une salle souterraine de l’Antiquaille – ancien convent des Visitandines – est considérée depuis le XIXe siècle comme le dernier cachot de saint Pothin. La crypte restaurée a été confiée à l’association ECCLY (Espace Culturel du Christianisme à Lyon) qui organise des conférences et des visites guidées – 49 montée Saint-Barthélemy, Lyon 5.
📌 Une église a été dédiée à Saint Pothin en 1843 au 127 rue de Créqui (Lyon 6) et une autre à Sainte Blandine dans le quartier Perrache en 1869 (Lyon 2).
📌 Lors de sa visite à Lyon en 1986, Jean-Paul II n’a pas embrassé le sol à sa descente d’avion comme il le faisait habituellement, mais dans l’amphithéâtre des Trois Gaules, déclarant : « Ils n’ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelé à être ses témoins. Nous savons qu’ils sont nombreux aujourd’hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne. En eux le Christ manifeste sa puissance. Les martyrs d’aujourd’hui et les martyrs d’hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus. »
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❓QUIZZ : Quel rescapé de la persécution de 177 a été exécuté avec 35 autres chrétiens l’année suivante ? Son soulier est conservé comme relique dans l’église Saint Paul car il avait tenté de s’échapper en courant.
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✍️ Extrait de la lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie :
« Le bienheureux Pothin, qui exerçait à Lyon la charge d’évêque, avait plus de 90 ans. Sa santé était très chancelante, il avait peine à respirer tant il était épuisé. Mais avec l’aide de l’Esprit, il retrouva son ardeur, car il aspirait au martyre. On porta devant ses juges ce vieillard miné par l’âge et la maladie, mais vigilant et assuré en son âme que le Christ triompherait. Les soldats l’emmenèrent jusqu’à la tribune, les notabilités de la ville le suivaient, ainsi qu’une populace hurlante, comme s’il était le Christ en personne. Son témoignage fut sublime. Le gouverneur lui ayant demandé qui était le Dieu des chrétiens : « Tu le sauras si tu en es digne », répondit-il. Alors on le repoussa brutalement, et une grêle de coups s’abattit sur lui. Ceux qui étaient dans le voisinage le frappaient de leurs poings ou de leurs pieds, sans égard pour son grand âge, et ceux qui étaient loin lui lançaient tout ce qui leur tombait sous la main. Ils étaient convaincus d’offenser gravement les mœurs et la religion en ne le frappant pas. Ainsi croyaient-ils venger leurs dieux ! Il respirait à peine quand on le jeta en prison. Il expira deux jours après. Ainsi s’accomplit le grand dessein de Dieu, et Jésus Christ fit connaître sa compassion infinie. »
Eusèbe de Césarée. Histoire ecclésiastique V, I, 29-31, traduction de France Quéré, dans Le livre des martyrs chrétiens, Paris, Centurion, 1988, p. 55.
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