
Exécuté pour s’être rallié à Napoléon
Le 19 juillet 1816, le Conseil de guerre de Lyon condamnait à mort le général Mouton-Duvernet. Il fut exécuté le 27 juillet suivant.
Né le 3 mars 1770 au Puy-en-Velay, Régis Barthélemy Mouton-Duvernet était entré dans l’armée en 1785. Il avait débuté modestement avant de s’illustrer pendant les guerres révolutionnaires. En 1793, il avait participé au siège de Toulon, puis avait servi dans l’armée d’Italie pendant cinq ans. Il avait participé à des batailles cruciales au côté de Bonaparte comme celle du pont d’Arcole en novembre 1796 en tant que chef de bataillon.
Sa bravoure et son sens tactique lui avaient valu une ascension rapide. Bien que de conviction républicaine, il avait été nommé baron de l’Empire en 1808, puis général de brigade en 1811, et enfin général de division en 1813. Il avait servi avec distinction en Espagne (1808-1812) puis en Allemagne (1809) avant d’être fait prisonnier à Dresde en 1813.
Libéré en 1814, il s’était rallié sans conviction à Louis XVIII sous la Première Restauration. Il commandait la 19e division militaire à Lyon, quand il apprit le retour de Napoléon échappé de l’île d’Elbe. Il se rallia à lui dans sa tentative de reconquête du pouvoir lors des Cent-Jours.
Après la défaite de Waterloo et la deuxième abdication de Napoléon, il avait soutenu la reconnaissance de l’Aiglon (le fils de Napoléon) plutôt que le retour de Louis XVIII. Ce choix avait scellé son destin. Comme le maréchal Ney – exécuté en décembre 1815 pour son ralliement à Napoléon – Mouton-Duvernet devait subir la vengeance de la Restauration monarchique.
Proscrit par l’ordonnance royale du 24 juillet 1815, il s’est d’abord caché chez un ami royaliste, Camille de Meaux, avant de se constituer prisonnier le 14 mars 1816, espérant une clémence. Transféré à Lyon et écroué à la prison de Roanne, il est jugé par un conseil de guerre.
Malgré des témoignages louant son humanité et son dévouement, l’accusation de trahison envers le roi l’emporte. Condamné à mort le 19 juillet, il est fusillé le 27 juillet 1816, à cinq heures du matin, sur le quai des Étroits à Lyon.
Son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe et une rue Mouton-Duvernet a été nommée en son honneur par le maire de Lyon Édouard Herriot. Sa tombe au cimetière de Loyasse a été restaurée en 2013.
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