
Rattachement de Lyon à l’Empire Romain Germanique
Le 6 septembre 1032, Rodolphe III, roi de Bourgogne, surnommé « le Fainéant » en raison de son autorité limitée face à la fragmentation féodale, meurt sans descendance. Par un accord préalable, notamment le traité de 1027 conclu avec Conrad II le Salique, il lègue son royaume, connu sous le nom de Royaume des Deux Bourgognes (composé de la Bourgogne transjurane et de la Bourgogne cisjurane, incluant le comté de Lyon), à l’empereur germanique. Ce legs marque un tournant décisif pour le Lyonnais.
📌 À partir de 1032, le Lyonnais est administré de manière semi-autonome par l’archevêque de Lyon, qui cumule des pouvoirs temporel et spirituel, faisant du Lyonnais une sorte de principauté ecclésiastique au sein de l’Empire Romain Germanique. Cette autonomie est renforcée par la position géographique excentrée du Lyonnais, qui limite l’influence directe de l’empereur.
📌 Le transfert du royaume à Conrad II est vivement contesté par plusieurs figures influentes. L’archevêque de Lyon, Burchard III, demi-frère de Rodolphe III, s’oppose à cette intégration, de même que l’archevêque de Vienne, l’évêque de Maurienne, et des seigneurs féodaux tels qu’Eudes II, comte de Blois, et Gérold, comte de Genève. Ces opposants cherchent à préserver leur influence ou à maintenir l’indépendance du royaume de Bourgogne.
📌 Pour asseoir son autorité, Conrad II s’appuie sur la reine Ermengarde, veuve de Rodolphe III, sur l’évêque de Lausanne, et sur la famille des Humbertiens, ancêtres des futurs comtes de Savoie. Ce soutien permet à l’empereur de renforcer sa tutelle sur le royaume, malgré les résistances locales.
📌 En 1033, après le couronnement de Conrad II comme empereur, le comte Eudes II de Blois lance une offensive contre le royaume de Bourgogne pour contester son intégration à l’Empire. Cette guerre, connue comme la guerre de Succession de Bourgogne, dure deux ans et s’achève par la victoire d’une coalition formée par Conrad II et le roi de France, Henri Ier, qui imposent le statu quo. Eudes II, poursuivant ses ambitions, mène une expédition contre Aix-la-Chapelle en 1037, où il trouve la mort lors de la bataille de Bar-le-Duc.
📌 Bien que le Lyonnais soit officiellement rattaché à l’Empire, sa marginalité géographique limite le contrôle direct de l’empereur. Dans les faits, l’archevêque de Lyon et les chanoines de la cathédrale Saint-Jean concentrent l’essentiel du pouvoir, transformant le Lyonnais en une principauté ecclésiastique autonome. Cette autonomie est consolidée par des privilèges impériaux, notamment à travers la Permutatio de 1173, qui renforce l’autorité de l’archevêque face aux comtes du Forez, soutenus par le royaume de France.
📌 L’intégration du Lyonnais à l’Empire s’est inscrite dans la continuité du traité de Verdun (843) qui divisa l’Empire de CHarlemagne entre ses trois petits-fils. Le royaume de Lothaire Ier, la Francie médiane (incluant la Lotharingie et le Lyonnais), s’est progressivement affaibli face aux pressions de la Francie occidentale (futur royaume de France) et de la Francie orientale (futur Empire Romain Germanique). Après la mort de Lothaire Ier en 855, ce territoire central est morcelé, et le royaume de Bourgogne est devenu un enjeu stratégique entre les deux puissances.
📌 Après 1032, l’empereur germanique s’appuiera sur l’archevêque de Lyon pour maintenir l’autonomie du Lyonnais face aux ambitions des comtes du Forez, soutenus par le roi de France. Ce dernier, cherchant à étendre son influence, accordera des privilèges aux bourgeois de Lyon pour contrebalancer le pouvoir de l’archevêque. Ce conflit d’influence entre l’Empire, l’archevêque et le royaume de France marquera la politique lyonnaise pendant plusieurs siècles.
📌 Ce n’est qu’au début du XIVe siècle que le Lyonnais sera définitivement intégré au royaume de France par Philippe IV le Bel, grâce au traité de Vienne du 10 avril 1312. Négocié avec l’archevêque de Lyon, Pierre de Savoie, ce traité a mis fin à l’autonomie ecclésiastique du Lyonnais en créant un conseil municipal laïc appelé Consulat.
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